Les élèves n'en finiront jamais de m'énerver,
m'agacer, m'horipiler, m'étonner.
Aujourd'hui, une gamine de 6e arrive et me dit : "Madame, j'ai oublié mon cahier de français."... Bon, normalement, on met un mot dans le carnet de correspondance en cas d'oubli de matériel mais
en 6e, le premier mois, on est un peu plus coulant... et puis, moi, pour les oublis, je le suis assez de toute façon parce que je sais que ça peut arriver à tout le monde, y compris à moi,
d'oublier quelque chose totalement involontairement. Donc, lorsque la petite demoiselle m'annonce qu'elle a oublié son cahier, je lui réponds que ce n'est pas trop grave pour cette fois, qu'elle
n'a qu'à prendre une feuille pour recopier le cours et le reporter dans son cahier plus tard.
Sauf que là, regard interloqué de l'intéressée... dans ces cas-là, je sais qu'il se passe un truc, que le problème est autre que celui qu'on m'a annoncé au départ. Je lui demande alors ce qui se
passe. Elle me regarde comme si j'étais une extra-terrestre (oui, je sais que je le suis mais, au boulot, personne ne le remarque vraiment, je suis incognito) et me dit, en attrapant le livre de
sa voisine : "Non, ça ! J'ai oublié ça !" Elle ne rajoute pas "pauvre idiote" derrière mais son regard en dit long... Un instant, je me demande si elle se fout de moi ou non... puis je me
souviens que dans leurs rédactions où ils devaient raconter leur première journée au collège, ils sont nombreux à avoir employé le terme "cahier" au lieu de "livre". Je rétorque donc :"Ah, c'est
ton livre que tu as oublié." Et elle : "Ben oui..." le ton employé me montre encore, qu'en gros, je suis neuneu et que je ne comprends rien... ça a le don de m'énerver... surtout dès le matin,
comme ça !
Je prends sur moi pour rester à moitié aimable et je lance: "Si tu employais les bons mots, peut-être que je pourrais comprendre ce dont tu me parles... c'est un peu comme si, là maintenant, on
entendait un miaou résonner dans la classe et que je dise qu'un chien vient de rentrer !" Les autres éclatent de rire, évidemment. La gamine prend son air de "je ne vois pas où est le
problème"... ben pourtant, ma p'tite, y'en a un et un gros... si à ton âge tu ne fais pas encore la différence entre un cahier et un livre, on a du pain sur la planche... euh, du gâteau sur la
branche, pardon...
Un homme rentre de son travail avec un robot
détecteur de mensonges. Son fils de 12 ans rentre avec 2 heures de retard de l'école.
- Où étais-tu tout ce temps ? demande le père.
- J'étais à la bibliothèque pour préparer un devoir !
Le robot se dirige vers le fils et lui assène une claque... Le père explique :
- Mon fils, ce robot est un détecteur de mensonges ! Tu ferais mieux de dire la vérité...
- Ok... J'étais chez un copain et nous avons regardé un film, c'était...euh... Les 10 Commandements.
Et paf ! Le robot assène de nouveau une claque au fils...
- Aïe ! Bah oui ! En fait, c'était un film porno...
Le père :
- J'ai honte de toi ! À ton âge, je ne mentais jamais à mes parents ! ...Et paf ! Le robot assène une baffe au père...
La mère se marre :
- Décidément, c'est bien ton fils ... Et paf ! Une baffe à la mère...
Hier, je suis allée assister à l'épreuve des galops que
passait mon amie Sandrine. J'ai eu l'occasion de filmer quelques protagonistes de l'histoire et en particulier ces deux chevaux, à droite Esburgh, celui que monte Sandrine et à gauche un autre
gentil cheval avec qui j'ai eu un bon contact !
J'ai passé une très agréable après-midi. Pour moi, cet endroit, c'est un peu le paradis parce qu'en dehors des chevaux que j'adore, il y a des chèvres, des chats, des chiens et tout ce petit
monde (hormis les chèvres peut-être) est fort sympathique et avide de gros calins. J'adore les animaux et je me serais bien plu dans un endroit pareil mais hélas, je suis quand même allergique
aux poils des uns et des autres et donc, au bout d'un moment, ça gratte, ça tousse, ça éternue...bref, pas cool.
D'un autre côté, autant j'aime les chevaux, autant je serais incapable de faire de l'équitation ne serait-ce que parce qu'il faut aller en cours de temps en temps afin d'apprendre comment monter
la bête le mieux possible. Et là, je ne parle pas de mes problèmes de dos mais seulement de mon caractère totalement réfractaire aux ordres. Pour moi, un loisir doit être un loisir, c'est à dire
100% fun, détente... or, là, j'imagine bien que quand on n'arrive pas à bien faire, on se prend un savon et ça, je ne peux pas l'imaginer... Vous allez me dire qu'il n'y a pas que l'équitation
qui fonctionne ainsi... et je vous répondrai que c'est aussi la raison pour laquelle je ne pratique aucune activité particulière qui demanderait de prendre le moindre cours et donc de recevoir le
moindre ordre ou la moindre remontrance de la part d'un moniteur quelconque. Je ne veux pas de ce genre de contrainte dans ma vie "loisir". Dans le boulot, si ça arrive, bon, je suis payée
pour... c'est différent. Oui, ok, j'ai un caractère de cochon, je sais ! Mais j'y peux rien... Et puis, en plus, je sais que si je faisais quelque chose comme ça, je ne serais pas parfaite tout
de suite voire jamais... donc, les remarques, j'en aurais et ça, non, j'ai pas envie.
A cause de ça, je sais que je me prive de trucs sympa, et même de rencontres qui permettraient à ma vie sociale de se développer un peu. Mais, je bloque... c'est très con.
Enfin, cela ne m'empêche pas d'aller en observatrice à l'écurie où se trouve le cheval de Sandrine (et de Delphine, une amie de Sandrine, qui en est la propriétaire "officielle") et de
passer de très agréables moments à chaque fois.
Les salles d'attente des médecins sont décidément des lieux très interessants pour observer nos congénères.
J'en avais déjà parlé ici il y a bien longtemps. Et l'autre jour, j'ai assisté à un truc encore. Là, c'est pas
énervant ni même drôle mais ça montre une certaine évolution de la société.
J'attendais patiemment l'arrivée du docteur lorsqu'un bruit me sortit de ma léthargie. C'était une sonnerie de téléphone portable. Bon, rien de si étonnant à cela... Non, mais le propriétaire de
ce téléphone était un monsieur assez âgé. Il récupère péniblement son téléphone, chausse ses lunettes pour voir qui l'appelle et le temps de faire tout ça, ça ne sonne plus. Il remet le téléphone
dans sa poche et quelques secondes après ça resonne. Même manège sauf que là, il arrive à temps pour répondre. Il parle deux ou trois minutes pour expliquer à son interlocuteur qu'il va passer le
voir un peu plus tard...Fin de la conversation. Le téléphone retourne dans sa poche.
Quelques minutes plus tard arrive un couple de personnes âgées. Ils s'asseoient et soudain, la dame dit à son mari:"Oh, j'ai oublié mon téléphone à la maison."... Le mari répond :"Ah, ben je vais
le chercher." (déduction de Docteur Watson :ils n'habitent pas loin du cabinet médical)... Après avoir reçu les recommandations d'usage pour retrouver l'objet, il sort et revient une dizaine de
minutes plus tard avec le graal le téléphone de madame qui le range dans son sac.
Je suis sûre qu'il y a quelques années, ces personnes d'un certain âge auraient critiqué les jeunes qui donnaient l'impression d'avoir un portable greffé dans la main, qui répondaient aux
appels partout et n'importe où, qui permettaient à tout un chacun de suivre leurs conversations téléphoniques. Et maintenant, voilà que ce sont nos "vieux" qui s'y mettent ! C'est amusant je
trouve...
Quand on a aimé un film, en général, il y a quelques répliques qui nous ont particulièrement marqués. Alors, voici un tag
que je me propose à moi-même et ensuite, à ceux qui le souhaitent aussi, bien sûr. Ce tag consiste à citer quelques répliques cinématographiques que vous aimez bien.
Voici quelques unes de celles que j'ai retenues pour moi :
- "Tomorow is an other day" (Gone with the wind)... Bon, là, c'est cultissime et pas très original mais, j'adore.
- "Qui c'est l'con qu'a fait sauter l'pont ?" (La 7e compagnie)... marrante comme tout cette série d'aventures avec Pierre Mondy et Jean Levebvre.
- "Nobody's perfect" (Some like it hot ==> certains l'aiment chaud)... C'est génial, cette dernière réplique du film quand Jack Lemmon révèle qu'il est un
homme et non une femme.
- "Ô capitaine, mon capitaine" (The dead poet society)... Là, c'est surtout à cause de cette fameuse scène si émouvante.
Voilà, alors, à vous maintenant, si vous le souhaitez !
Toujours dans l'ambiance de la rentrée, l'autre jour, je regardais mes nouveaux élèves. Ils ont
des affaires toutes neuves, de beaux cahiers tout propres. Ils s'assoient sagement, sans hurler. Ils copient ce que j'écris au tableau sans broncher. A les voir comme ça, on pourrait même penser
qu'ils sont motivés. Et, le pire, c'est que je pense qu'ils le sont. C'est un peu comme les bonnes résolutions qu'on prend après le nouvel an... enfin, moi, il y a longtemps que j'ai renoncé mais
je sais que ça se fait encore de temps en temps. Lorsqu'on prend une bonne résolution, sur le moment, on y croit sincèrement et on a vraiment envie de faire notre possible pour que ça marche.
C'est même pas un truc en l'air, non, on y croit. Donc, je suis persuadée qu'un grand nombre de mes élèves paresseux arrivent les premiers jours avec la ferme intention d'être plus sérieux, moins
bordeliques et plus motivés. On le voit dans leurs yeux. Ils y croient, ils l'ont peut-être promis à leurs parents parfois... ou bien ils se le sont promis à eux-mêmes mais, quoiqu'il en soit,
ils veulent bien faire, mieux faire... ou faire tout simplement.
Mais, au bout de quelques jours, après quelques notes catastrophiques parce qu'ils ont déjà perdu trop de temps et n'ont pas les bases nécessaires pour réussir, ils baissent les bras et
replongent dans leur léthargie habituelle... ou bien redeviennent le démon qu'ils ont toujours été parce qu'au moins, dans ce domaine, ils réussissent.
Ce serait bien si on détenait la formule magique pour conserver cette bonne volonté des premières heures mais hélas, on ne l'a pas... d'ailleurs, si on l'avait on s'en servirait soi-même vers la
mi-janvier pour ne pas laisser de côté nos fameuses bonnes résolutions si difficiles à tenir sur le long terme.
Vous avez réagi...