Pardonner

Publié le par Béatrice

J'ai eu l'occasion l'autre jour d'être interrogée sur ma conception du pardon. Voici ce que cette notion m'a inspiré:


Définir le pardon:

Le pardon, selon moi, c'est l'acte par lequel on "tire un trait" sur une rancœur que l'on éprouve vis à vis de quelqu'un, on a conscience qu'un acte qui nous a blessé a été commis mais on accepte de ne plus en vouloir à l'auteur de cet acte, on accepte de remettre, en quelque sorte, les compteurs à zéro. En général, le pardon est précédé d'excuses de la personne à qui l'on pardonne. Je pense que sans ce préalable, qu'il prenne une forme ou une autre (lettre, cadeau, petit sous entendu...) tout pardon est impossible. Il faut pour pouvoir pardonner que celui qu'on a en face de soi ait pris conscience de ce qu'il nous a fait parce que sans cela la récidive est possible (elle l'est de toute façon d'ailleurs) et puis, ça reste comme une espèce d'"ardoise" entre les deux partis si le fautif ne comprend pas en quoi il a mal agi.

Pardonner ou oublier ?

Pardonner ne signifie en aucun cas oublier, même si parfois, avec le temps les choses ont tendance à s'estomper, selon l'affront ou la blessure. L'oubli serait la pire des choses parce que l'autre se sentirait "complètement blanchi" et selon sa personnalité s'imaginerait qu'il peut recommencer à sa guise puisque tout est effacé, comme un disque dur formaté qui perd toutes les données. Maintenant, il faut savoir ne pas oublier sans continuer d'en vouloir et c'est ça le plus dur. Conserver un truc dans un coin de sa mémoire mais le mettre en "cache" si on veut. Ne pas le ressortir à chaque instant, évidemment parce que sinon, ça n'est plus du pardon, c'est une manière de faire du chantage. Mais le conserver, montrer à l'autre qu'on l'a conservé dans un petit coin, qu'on n'a pas oublié parce que quelque chose qui fait mal on ne l'oublie pas.. le but n'est pas de le faire culpabiliser non plus... c'est là que ça devient assez délicat d'ailleurs. Ne pas le faire culpabiliser mais lui montrer qu'on garde une trace de cette faute.


Publié dans Lettres d' être

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Béatrice 01/08/2007 22:43

Ah oui  se pardonner à soi même est une notion qui m'avait échappé. Peut-être est-on plus dur avec soi que ne le sont les autres... plus intransigeant parce qu'on n'aurait pas cru ça de nous... Merci de ton commentaire Sérénité.

Sérénité 31/07/2007 01:23

Bonjour, ton article est très intéressant sur le pardon... je pense aussi que l'on doit être capable de se pardonner à soi avant de pouvoir pardonner aux autres, très important car nous en serions incapable... les gens pensent en disant « je lui ai pardonné» comme cela que ça n'implique rien d'autre que ces mots... au contraire cela implique toute une réflexion quant à la situation à laquelle on pardonne et une bonne volonté de le faire sincèrement. Si on reste amer par la suite c'est parce qu'aucun vrai pardon n'a été fait... Et je suis entièrement d'accord avec ton point : pardonner ne veut pas dire oublier... car on n'oublie jamais... deux choses très différentes. J'ai bien apprécié ton article ! À bientôt.