Ne pas briser le lien

Publié le par Béatrice

"S'il y a des fins qui nous libèrent il y en a d'autres où l'on se perd" Michel Sardou


Tout à l'heure, alors que je rajoutais un lien vers un blog, celui de Frédéric qui fut l'un de mes coéquipiers sur l'Amicale Claude François, je me suis dit que je pourrais à présent supprimer le lien que j'avais mis vers ce forum désormais fermé. Je ne l'ai pas fait. Pourquoi ? Parce que sans doute, justement, c'est un LIEN au sens premier du terme. Je me sens "attachée" à l'ACF et, couper le cordon est difficile, finalement.

Au moment du bilan, tellement de questions qui, dans quelques semaines ne se poseront sans doute plus. Un forum c'est un peu comme une famille recomposée. Au fil des jours et des messages, on apprend à connaître les gens. On connaît leur façon de s'exprimer, leurs habitudes, leurs manies... On sait à quelle heure ils se connectent et à quelle heure ils partent, et, comme dans la vraie vie, on s'inquiète lorsque celui qui a l'habitude de venir à 19h tous les soirs n'est pas venu depuis plusieurs jours... on se doute de leurs réactions à tel ou tel message posté et au bout de plusieurs années, on pourrait presque les écrire à leur place. Il y a ceux qui nous surprennent aussi, et ceux qui nous déçoivent parce qu'on n'imaginait jamais certaines choses de leur part... on se dit "Non, pas possible qu'il ait écrit ça, pas lui." On peut être ému par certains qui, soudain, parce qu'ils ont appris à nous faire confiance vont nous raconter leurs malheurs. Et on cherche les mots pour les aider, même si on sait qu'on ne peut pas grand chose sinon être là, comme un phare, modeste mais solide, au milieu des tempêtes. Parce qu'on partageait la même passion, parce qu'on évoluait un peu dans le même univers, on se sentait proches de "nos membres". Même ceux qui nous énervaient, nous agaçaient, on regrettait de les voir partir quelquefois parce qu'ils faisaient partie de la famille, quand même. Et puis, il y a tous ceux qui sont allés trop loin à qui on ne pourra peut-être jamais pardonner. 

C'est donc tout ça qu'il faut quitter, parce que la famille a éclaté. Chacun est parti de son côté et il n'est plus possible d'organiser la réunion de tout ce petit monde. La maison familiale a été laissée à l'abandon... trop longtemps. Les volets sont fermés, les portes aussi. Plus personne n'a le courage, l'envie ou le temps de la remettre en état et de l'entretenir. On y a passé d'excellents moments mais, c'est fini. Bizarre cette sensation et surtout cette impression d'être responsable, au moins en partie, de tout ce gâchis. Quant à la famille... ce sera comme dans toutes les familles disloquées : on finira par se perdre de vue parce qu'avec le temps ça se passe comme ça. Les uns et les autres sont emportés par le tourbillon de leur vie et, qu'ils le veuillent ou non, ils finissent par ne plus penser à la vieille maison qui finit par disparaître sous les broussailles. 

Alors, je n'ai pas supprimé le LIEN vers "mon" amicale juste parce que je veux pas l'oublier elle, ni les gens qui l'ont aidée à devenir ce qu'elle était... toute ma p'tite famille en somme.

Publié dans Lettres d' être

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Frédéric 22/10/2007 23:15

Je trouve cela tout à fait naturelle, Béa.Cette page ne sera jamais complètement fermée, même pour moi qui fut, bien involontairement, l'élément déclecheur de sa fermeture...