Des différences...

Publié le par Béatrice

C'est assez amusant de constater que lorsqu'on est un peu différent, pour une raison ou une autre, on essaie d'en faire une fièrté du genre "J'suis pas fait dans le même moule que les autres et c'est super !" et pourtant, souvent, on aimerait être dans ce moule, être comme les autres. C'est le cas quand on constate un gigantesque décalage entre nous et les autres, entre nos idées et celles des autres, entre notre perception du monde et celle des autres, entre nos valeurs et celles des autres. On est d'autant plus touché que ce sont des gens qui nous sont proches qui soudain nous semblent (trop) étrangers à nous-mêmes et à notre univers.

On a besoin de se retrouver en compagnie de personnes proches de par leur sensibilité, leurs valeurs, leurs croyances, que sais-je encore... Etre toujours à contre courant finit par peser et ce dont on avait fait une fièrté devient une douleur, voire une souffrance. Etre trop différent, est-ce possible ? Ne jamais être face à quelqu'un qui nous ressemble, est-ce si grave ?

D'un autre côté, on sait bien que personne ne nous ressemblera vraiment trait pour trait, en tous points, comme un frère jumeau ou mieux encore un clone... En fait, on ne le souhaite même pas parce que bien souvent on aurait du mal à se supporter soi-même. C'est vrai, on a des défauts qui nous horripilent et qu'on a d'ailleurs tendance à ne jamais tolérer chez les autres. N'empêche qu'il faut admettre que les rares fois où on se retrouve face à un autre qui semble être "notre double", on se sent plutôt à l'aise, en harmonie avec cet être qui n'est pas nous mais qui nous ressemble tant. On a l'impression de ne faire qu'un et c'est assez magique. Même lorsque ça ne dure que quelques instants, fusionnels, on se sent mieux, moins seul.

Il est nénamoins évident que la différence est une richesse et pour rien au monde il ne faudrait la rejeter et chercher à éviter tout ce qui nous semble différent. Ce serait d'un ennui monstrueux ! Tout ce qui n'est pas comme moi m'apprend des choses sur moi et me révèle parfois à moi-même parce que seul un regard étranger est capable de cela. C'est donc toujours passionnant de rencontrer des gens et de savoir ce qu'ils pensent, comment ils voient les choses, comment ils les ressentent aussi.

Alors, pourquoi ce sentiment parfois d'être "trop" différent, trop en décalage, trop étrange ou même étranger à ce qui nous entoure ? Pourquoi cette envie d'être "comme tout le monde" se mélange-t-elle à notre fierté d'être définitivement original ? Est-ce un manque de personnalité ? De confiance ? De volonté ? qui nous empêche d'assumer complètement cette différence ? Est-ce le poids de la société qui finit par peser trop lourd dans la balance ? Est-ce cette impression de solitude et d'abandon qui, au bout d'un temps pèse lui aussi trop lourd nous poussant peu à peu à nous remettre dans le "droit" chemin quitte à faire semblant, quitte à s'oublier ou à jouer la comédie ?  

Publié dans Lettres d' être

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monbricabrac 22/05/2008 10:19

ah, grande question! Je ne pourrais pas vivre avec mon double, je suis trop ch***;)je vois ce que tu veux dire: on n'aime pas être dans le moule et on n'aime pas sortir du lot non plus...Le pire, c'est que quand on a une différence, le plus souvent, elle ne nous gène pas. Ce sont les autres qui nous mettent mal à l'aise en nous faisant comprendre que nous ne sommes pas comme eux.J'aime ebaucoup la chanson: la mauvaise réputation de brassens, elle explique bien ça.Mais comme tu le dis, si nous étions tous pareils, le monde serait bien triste!

Méli-Mélo 21/05/2008 23:41

Bonsoir Béa! je vois que ton blog fonctionne de nouveau à plein régime! J'en perds le fil! Très bonne analyse des avantages et des écueils de la différence, j'aime particulièrement cette phrase-ci : "Tout ce qui n'est pas comme moi m'apprend des choses sur moi et me révèle parfois à moi-même parce que seul un regard étranger est capable de cela." Quand aux questions que tu te poses, je pense que c'est surtout le poid de la société et le sentiment de solitude qui, effectivement, rendent toutes différences difficiles à supporter! PS: je t'ai tagguée, vas voir sur mon blog ta mission!

" Charly " 21/05/2008 21:42

Bonsoir
Béatrice,Encore
un super sujet, très bien traité et que je ne peux
laisser passer. Voici mon avis :A
part les cas de jumeaux qui, pour moi, demeurent encore un mystère,
on peut dire que nous sommes tous plus ou moins différents. Dans cette
variété, on peut même trouver deux personnes
diamètralement différentes; deux personnes que tout oppose.Comme
tu dis, si cette différence est source de fierté (parce
qu'inconsciemment on revendique notre unicité puisque nous
sommes une autre personne), elle peut être aussi source
d'inquiètude (parce que dans une comparaison inavouée,
on pourrait se sentir moins quelque chose que l'autre, et, par
conséquent, peut-être moins apprécié, avec
la menace d'être laissé pour compte).Une
différence oui, mais pas trop grande, pour que le fossé
ne devienne pas un prétexte d'anathème. C'est pourquoi
les moments où l'on se retrouve entre amis nous font l'effet d'un
baume rassurant. Je pense que l'on a besoin de se retrouver souvent
dans une telle ambiance, autrement, on pourrait commencer à se
sentir hors de son élément, comme un poisson hors de l'eau, complètement
étranger et donc mal à l'aise.Tout l'art
va consister à être capable de voir, dans ces différences constatées,
autant d'occasions de s'enrichir en raison d'une approche inhabituelle de la vie,
plutôt que des excuses pour s'éloigner des autres, dans un esprit de fermeture à ce qui ne nous est pas coutumier.Ton
texte est très intéressant, j'espère avoir
apporté ma modeste touche à cette réflexion.A
demain.Charly...

Béatrice 21/05/2008 21:48


Merci pour ta participation active Charly. Réflexion intéressante. En fait, je ne sais pas si on cherche des excuses pour s'éloigner ou si ce sont les autres qui
s'éloignent toujours imperceptiblement au point qu'on finit par ne plus rien y comprendre.... ou bien, comme c'est souvent le cas pour moi, qu'on se demande pourquoi on n'arrive pas à leur
ressembler.


Lilith 21/05/2008 20:41

Pour ma part, je me réjouis tous les jours de connaître autant de gens qui me ressemblent !!! Ca permet de se sentir différent mais compris :))...

Indigo 21/05/2008 12:02

J'ai trouvé que tu analysais superbement ce sentiment étrange de se sentir à la fois "différent" et à la fois demandeur d'être "dans la norme"...Se distinguer isole toujours un peu...Se fondre dans la masse c'est quelque part se fourvoyer.... se renier...En fait ce com' pour dire que si quelqu'un te propose une solution miracle pour concilier tout ça... je suis preneuse aussi..quoi qu'il en soit... On peut être aussi apprécié avec nos paradoxes... et toi tu l'es ici... :d)

Béatrice 21/05/2008 19:01


Merci d'être passée Indigo, ça me fait plaisir de te voir. Pour le reste, je pense qu'en dehors des bienheureux qui ne se posent jamais de questions, personne n'a la
solution.