Souvenirs, souvenirs....

Publié le par Béatrice

"Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant" Marcel Proust...

 

Hier, je lisais un article, je ne sais plus où (ah, les méandres mystérieux du net...) au sujet des souvenirs d'enfance... On y expliquait que, très souvent, ce qu'on pense être nos premiers souvenirs ne sont en réalité que le fruit de notre imagination, entièrement recréés parce qu'on nous les a racontés. On ne se souvient pas vraiment. Notre esprit a "reconstruit" l'histoire à partir de récits entendus ça et là autour de nous, avec toute la subjectivité que cela implique... Ben oui... On a reconstruit sur la base de ce que d'autres nous ont raconté, les adultes donc. Or, ces adultes évoquent un souvenir pour eux aussi... souvenir qu'ils ont peut-être arrangé ou qu'en tout cas, ils racontent de leur point de vue, comme eux l'ont vécu.

 

De plus, l'article disait qu'en vieillissant, et selon notre humeur et notre état d'esprit, on avait tendance à modifier petit à petit nos souvenirs au fur et à mesure que nous les racontons autour de nous... Donc, on se forge des souvenirs à partir des récits des autres qui, sans doute, peu à peu, ont fait évoluer leurs souvenirs. et on "invente" petit à petit des détails pour nos souvenirs à chaque fois qu'on les évoque.. C'est pas très précis tout ça... Pire que le téléphone arabe...

 

Mes premiers souvenirs d'enfance sont plutôt des impressions que de réels souvenirs... je ne peux même pas dire s'il y a des images qui s'y accrochent... C'est, comme la fameuse madeleine de Proust (encore lui !), des goûts, des odeurs, des musiques (beaucoup de musiques !), des lieux qui soudain me ramènent dans le passé, sans plus de précision. Je ne me risquerais d'ailleurs pas à raconter ces choses-là parce que ça ne se raconte pas... ça se ressent, au mieux... mais c'est tellement vague que ça ne veut pas dire grand chose.

 

Alors, finalement, de quoi est composé notre passé ? C'est quand même lui qui a fait de nous ce que nous sommes devenus... et, certains de nos souvenirs nous ont marqués à vie, comme on dit... mais dans quelle mesure leur faire confiance ? Quelle est la part de vécu, de réel ? Quelle est la part d'imaginaire ? S'invente-t-on un passé ? Qui est l'enfant que nous avons été ?

Publié dans Lettres d' être

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le majeur 20/07/2010 19:30



est-ce que ce n'est valable que pour les souvenirs d'enfance ?


car il me semble que tout au long de notre vie, notre cerveau n'a de cesse de retravailler nos souvenirs, selon le jour sous le quel nous acceptons de les voir...



Béatrice 20/07/2010 20:12



Je pense que les souvenirs d'enfance sont ceux qu'on transforme le plus puisque, pour beaucoup, on les a entendus raconter par les autres. En plus, ils sont les plus
lointains... mais, les autres aussi sont modifiés avec le temps et selon notre état d'esprit au moment où on les raconte et on finit aussi par mélanger les détails ajoutés pour une occasion avec
la vérité...



Yentl 18/07/2010 08:46



C'est bien vrai que certains souvenirs sont parfois plus des sensations que de réelles images, c'est aussi de cette façon que c'est construit l'histoire et certaines légendes... l'imaginaire fait
ainsi partie du réel...


Gros bisous et à très vite


Yentl



Béatrice 18/07/2010 18:07



Et comme on essaie tous de décrire une sensation alors qu'il n'ya pas de mots pour ça, forcément, on modifie le souvenir.



le p'tit Juju 16/07/2010 09:57



Vague question qu'est celle des souvenirs d'enfance. Petit à petit la part de vérité s'étiole pour faire part à un imaginaire reconstruit. Il n'est pas rare que l'on ait en image un souvenir
raccroché à une photo, un objet, une chanson mais celle ci prend en effet un sens tout autre en fonction du cheminement de sa vie d'adulte. Non décidément, ce n'est pas un long fleuve tranquille.
Non seulement on emporte ses souvenirs avec soi, mais en plus on les transforme...


Après, reste en effet à savoir ce que l'on est dans tout ça... Déjà qu'on passe sa vie à se chercher, si en plus on part sur des bases floues. Mon dieu... Je me perds